Challenge ABC

Vendredi 4 décembre 2009 5 04 /12 /2009 18:35
Hellooooo lecteurs tendrement chéris, j'espère que vous êtes amoureux, sans quoi vous n'allez certainement pas supporter la concentration en guimauve de tout ce que je dis, fais et écris.
Eh oui, c'est que Noël approche et comme chacun sait, votre dévouée blogueuse se transforme en Bisounours du 28 novembre au, disons au 11 janvier, parce que c'est la date de début de mes partiels cette année (si Dieu veut, ou plutôt si mes profs veulent, les derniers de ma jeune et pourtant si sérieuse existence).

Heureusement pour les allergiques à l'hiver, aux décorations scintillantes et à Disneyland (car oui, je me rends en pélerinage au temple de Mickey pour les fêtes et j'ai l'intention de régresser sans complexe), je suis déééébordée alors vous n'en souffrirez pas trop et je limiterai l'expression de mes sentiments dégoulinants d'amûûûr pour mon sac tout poilu, le caissier de New Look et Shizuku Kanzaki à mon journal intime (de rien).



Revenons à nos moutons, ce n'est pas parce que je suis niaise et que je vois des petits coeurs partout, que ma tolérance à la mauvaise littérature a augmenté.

Et si 100 pages blanches ne peut pas tout à fait être qualifié de mauvaise littérature, passer après Jean d'Ormesson n'a pas franchement réussi Cyril Massarotto.

Stylistiquement parlant, on dirait les rédactions que je pondais au collège. On ne peut pas dire que le dictionnaire s'imposait.

Quant à l'intrigue, elle est la suivante : le personnage principal vient de perdre son grand-père, qui l'a élevé et lui lègue pour seul bien un carnet... vierge, dont il affirme qu'il est son bien le plus précieux. La quatrième de couverture nous annonce que le carnet a un secret, et qu'il va bouleverser la vie de son nouveau propriétaire.

Toute personne aimant écrire saura de quoi je parle si je vous dis qu'un carnet neuf est un objet terriblement attirant, auréolé de tous les possibles, et pourtant on ose à peine le souiller de notre écriture. Je m'attendais à un hymne à l'écriture, mais ce n'était pas de cette magie-là qu'il était question.

Néanmoins, c'est distrayant. Je dirais que 100 pages blanches est un bouquin fait pour un voyage en train ou en avion : zéro migraine, et cela fait passer le temps.
Par Camille G. - Publié dans : Challenge ABC - Communauté : ♦ Lecture pour tous ♦
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Samedi 21 novembre 2009 6 21 /11 /2009 18:58
J'ai donc terminé La création du Monde, de Jean d'Ormesson.
J'ai envie de dire "enfin".
Non que le roman soit mauvais.
Mais parce que les questions métaphysiques avant d'aller se coucher encouragent mon crétin de subconscient à m'envoyer des rêves perturbants.

Autant vous prévenir tout de suite : si vous avez détesté vos cours de philo en terminale, passez votre chemin. Ce n'est que grands concepts abstraits (l'histoire, le temps, le vertige devant l'infini, l'Homme est-il aussi libre qu'il voudrait le croire, y a-t-il un destin ?) tout au long du livre.

En revanche, être complètement athée est loin d'être un obstacle à la lecture d'un roman dans lequel les principaux protagonistes sont un individu quelconque, choisi par Dieu himself qui va lui apparaître en rêve pour lui confier ses inquiétudes au sujet de l'humanité (rien que ça). Car l'auteur a pris grand soin de ne pas lier forcément Dieu à la religion catholique (avec des petits arrangements du genre "toutes les religions ont le même Dieu, le prophète seul change, ainsi que le nom qu'on lui donne"), et de détacher Dieu de la politique (Dieu ne cautionne pas le fanatisme. Quel type bien, ce Dieu !).

Mais ce n'est pas tout. L'immortel* (Jean d'Ormesson, pas Dieu. Suivez un peu, que diantre !) s'est permis ce qu'on appelle une mise en abîme en faisant écrire un manuscrit à l'homme qui rêve de Dieu, et en confiant ce manuscrit à 4 amis en vacances qui vont se le lire à tour de rôle.
En ce qui me concerne, c'est là que le bât blesse : les incessantes interventions desdits lecteurs ne me paraissent pas indispensables, leur agacement face au récit me semble parfois exagéré. Et surtout, le dénouement me laisse sceptique...
Mais comment en discuter sans vous le dévoiler ?

Je vous quitterai donc sur un commentaire d'une pertinence remarquable de la personne qui a emprunté le livre avant moi à la médiathèque, et qui a jugé bon de le laisser pour l'instruction des lecteurs à venir :


Quelle finesse dans l'interprétation littéraire ! Ca laisse rêveur.

* Car Jean d'Ormesson est membre de l'Académie Française, ce qui justifie sans doute les multiples références philosophico-religio-littéraires qui émaillent son roman. Ce n'est pas tout à fait désagréable lorsqu'on y apprend réellement quelque chose, comme le nom des filles de Job, dont l'une s'appelle Kéren-Happuc, ou Vase de parfum. N'est-ce pas magnifique ? Comme dirait Dieu à son Elu auquel il l'apprend, pour la peine, vous n'aurez pas perdu votre temps à lire ce billet, ni moi à lire ce livre !
Par Camille G. - Publié dans : Challenge ABC - Communauté : ♦ Lecture pour tous ♦
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Lundi 26 octobre 2009 1 26 /10 /2009 16:01
Lecteur, je vous invite dans ma salle de bains.

Vous visualisez la baignoire, les étagères chargées de cosmétiques, et les petits paniers remplis de vernis à ongles, vous sentez l'odeur de bain moussant qui flotte dans l'air  ?

Votre dévouée blogueuse est devant son miroir, fort occupée à se brosser les cheveux, en évitant autant que faire se peut de hurler à la mort (quiconque n'ayant jamais eu les cheveux fins et bouclés ne peut comprendre mes souffrances) de sorte à pouvoir écouter la radio.

J'ai une très jolie radio, beige avec un petit côté rétro, fréquence arrêtée en permanence sur France Info. Ce qui me permet d'apprendre le passage à l'heure d'hiver le matin où je dois prendre l'avion, ou de parler de Jean d'Ormesson dont je n'ai pas lu un seul bouquin (mais je me rattraperai) en Grand Oral, ou encore d'écouter une interview de Delerm père, Philippe de son prénom et notamment auteur de La première gorgée de bière et autres plaisirs minuscules, dont on m'a dit le plus grand bien.

C'est ainsi que j'ai appris que le héros de Quelque chose en lui de Bartleby, son dernier roman, se lançait dans l'écriture d'un blog, ce qui n'a pas manqué d'attirer mon attention.

J'ai donc congédié Dumas (dont le fils n'était qu'un misogyne de toute manière) et placé Delerm sur la liste de livres à lire et chroniquer pour mon challenge ABC.


Monsieur Delerm a la plume joueuse, c'est sensible. Les 149 pages que comptent le livre regorgent de  petites perles de phrases, qui prises isolément valent à elle seule la peine de le lire. Illustration :

"Au Luxembourg, au début du mois de juin, les poires ne sont encore que des espoirs de poires."

Ou encore :

"Il éprouvait [...] la délicieuse sensation de multiplier le pouvoir du présent par la tentation de le dire."

Ce qui est, de mon point de vue, effectivement un des plus grands plaisirs qu'il y a à bloguer.

Hélas... On sent bien que l'on devrait s'attacher à Monsieur Spitzweg, en dépit de (peut-être même grâce à) sa médiocrité revendiquée. Et pourtant, rien n'y fait. Et puis, je n'ai encore jamais vu personne parler littérature et art à la pause déjeuner avec ses collègues. Je ne sais pas si je vais réussir à faire passer ce qui me gêne, mais il semblerait que l'auteur veuille éviter à tout prix la caricature "employé des postes = inculte", ce qu'il aurait pu réussir en dosant un peu plus subtilement les qualités et défauts de ses personnages. En ne chargeant pas Dumontier de tous les clichés qu'il a épargnés aux autres employés, par exemple...

Quant à l'analyse du blog et de ce qu'il change dans une vie, ma foi, elle est assez superficielle, mais c'est lié à l'utilisation qu'en fait le héros - à mes yeux, il ne va pas jusqu'au bout de l'aventure.

Les amoureux de Paris y trouveront néanmoins un hymne à la ville.

Rentrée littéraire oblige (encore d'actualité au moment où j'ai acheté le livre), les avis sur Quelque chose en lui de Bartleby ne manquent pas sur internet, sur le site du Monde ou du Figaro tout autant que sur la blogosphère qui lit. Où l'on remarquera que les points de vue, à quelques nuances près, se rapprochent du mien : un excellent style, une bonne idée de départ, mais peut mieux faire !
Par Camille G. - Publié dans : Challenge ABC - Communauté : ♦ Lecture pour tous ♦
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Mercredi 7 octobre 2009 3 07 /10 /2009 13:54
J'ai fini il y a peu La brocante Nakano, de Hiromi Kawakami. Pour tout vous dire, je l'ai attaqué très vite... Et fini beaucoup plus lentement, presque en ayant hâte que cela se termine, alors que j'aimais bien au départ.


Au début, la vie de tous les jours de personnages ordinaires, presque des anti-héros, dans un magasin comme les autres, a un certain attrait - on se laisse emporter dans leur routine, on s'attache à leurs excentricités : le propriétaire de la brocante et ses tics de langage, sa soeur artiste et ses prophéties mystérieuses sur la vie et l'amour, la narratrice en proie à des sentiments qui embarrassent son collègue plus à l'aise avec les animaux qu'avec les humains...

Puis on se lasse de ne plus discerner les dialogues du récit, on se fatigue de l'incertitude des personnages, tout cela pour arriver à une fin qui m'a laissée dubitative sur la nécessité de se poser toutes ces questions pour en arriver là.

J'en suis encore à me demander si c'est le caractère très japonais de ce roman, je veux dire quelque chose de spécifique à la littérature japonaise qui fait que moi, lectrice occidentale, je n'ai pas les réflexes culturels qui me feraient apprécier ce livre à sa juste valeur, ou si c'est tout simplement le style de l'auteur qui me perturbe un peu.

Pour préciser ma pensée, je prendrais l'exemple du haiku. Je ne sais pas vous, mais j'ai beaucoup de mal avec le haiku. En partie parce que mon éducation littéraire occidentale m'a habituée à ce que la poésie joue avec des sonorités, dont des rimes. Evidemment, ne parlant pas japonais, s'il y a jeu sur les sonorités dans le haiku, je ne suis pas capable de les sentir. Ensuite et surtout, le sens de ces petits poèmes brefs m'échappe la plupart du temps, et, obtuse comme je suis, j'ai besoin de voir du sens dans tout ce que je lis. J'éprouve aussi des difficultés avec la littérature de l'absurde sur le même principe (pour ne pas dire que je fais un rejet total), comme quoi le problème ne vient pas seulement du décalage culturel orient-occident.

Pour les romans, c'est pareil : il y a toujours un petit quelque chose qui me gêne fondamentalement dans tous les ouvrages d'auteurs japonais que j'ai lus jusqu'à présent (à commencer par Le dit du Genji, grand classique japonais que j'ai trouvé prodigieusement ennuyeux à la longue).

Si, vous, vous avez les clés de compréhension qui me manquent, peut-être aimerez-vous l'oeuvre de Kawakami, qui d'après la quatrième de couverture s'attache dans tous ses romans à mettre en valeur les "petits plaisirs de la vie". En ce qui me concerne, ce n'est pas ce que j'ai ressenti à la lecture de La brocante Nakano, que je ne qualifierais donc pas de lecture indispensable. A part pour apprendre que "toutes les ruptures font maigrir", chose que vous savez déjà après avoir parcouru ce billet, ne me remerciez pas, c'est tout naturel.
Par Camille G. - Publié dans : Challenge ABC - Communauté : ♦ Lecture pour tous ♦
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Dimanche 6 septembre 2009 7 06 /09 /2009 18:51
Lorsque j'ai fait provisions de bouquins dans l'English Bookshop, j'ai été attirée par la couverture de Being Elizabeth, de Barbara Taylor Bradford.


Une femme rousse prénommée de la sorte, cela ne pouvait être qu'une allusion à la royale Elizabeth qui attisait ma curiosité.
Un coup d'oeil à la quatrième de couverture a confirmé mes soupçons : l'âge de l'héroïne (25 ans lors de son accession au trône), l'allusion à un certain Robert Dunley (nom trop proche de Dudley, le favori de la Reine Vierge, pour que ce ne soit qu'une coïncidence), toutes choses qui rappellent Elizabeth Tudor.

Sauf que l'histoire est ici celle d'Elizabeth Turner, jeune femme ambitieuse qui hérite de l'entreprise de son père, à la fin du XXème siècle.

En somme, une héroïne qui a hérité du caractère et de la destinée d'Elizabeth Ire d'Angleterre... Mais de nos jours.
L'idée était bonne, faire d'une grande entreprise moderne les royaumes de l'époque, c'était intelligent. Le problème avec les bonnes idées, c'est qu'il faut savoir quoi en faire.

Being Elizabeth (traduit en français par Le défi d'Elizabeth et publié dans la même collection que Danielle Steel, ce qui aurait dû me mettre la puce à l'oreille) se lit bien. Principalement parce qu'on a envie de savoir ce que la romancière a fait de la destinée d'Elizabeth.

Mais curieusement, les passages les plus cruciaux de l'intrigue sont rapidement évacués, tandis que l'auteur s'attarde longuement sur des scènes ou détails sans importance capitale. Je me serais bien passée de savoir qu'untel aimait les huîtres, et qu'on me le répète à chaque chapitre. Surtout lorsqu'il s'agit des préférences alimentaires de l'héroïne, dont on nous dit pourtant qu'elle n'attache que peu d'importance à la nourriture. Partant, pourquoi ai-je besoin de savoir qu'elle aime le saumon fumé ?

Et si je n'ai rien contre une description vestimentaire de temps à autre, les accumulations de noms de grands créateurs m'ont vite lassée. Et pitié, on a compris qu'elle et Robert faisaient l'amour comme des lapins !

C'est simple, je crois que cette chère Barbara avait une fiche avec une liste de qualités pour chaque personnage (notez qu'ils sont tous beaux), à rappeler de temps à autre pour élaborer des phrases de type "Elizabeth s'habillait toujours avec goût. Elle portait un foulard violet Valentino avec une robe Chanel qui mettait en valeur sa taille élancée. Elle se servit du saumon fumé, son plat préféré, bien qu'elle mange peu."

Bref, c'est du Harlequin de niveau supérieur. Distrayant, mais pas indispensable.
Par Camille G. - Publié dans : Challenge ABC - Communauté : ♦ Lecture pour tous ♦
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