J'ai avalé Barbara Cartland

Lundi 17 août 2009
Lecteur, il y a du changement dans ma vie, changement pour le moins inattendu et je vous prie de croire que je n'avais rien demandé. Une part de moi espère bêtement que tout peut encore redevenir comme avant, et ne comprend toujours pas pourquoi.

L'autre part, la rationnelle, la scientifique, et je tiens pour certain que ce n'est pas la majeure partie de moi, se répète que ça n'arrivera pas, et que c'est mauvais pour moi d'entretenir cette idée. La part rationnelle essaie désespérément d'expliquer à la part sentimentale que pour tourner la page, on n'a pas à oublier les bons souvenirs, mais que ressasser n'est pas un bon plan, surtout quand c'est encore douleureux, avant que la part sentimentale n'aille flanquer tous ses beaux efforts par terre et surtout, ne me fasse perdre le peu de fierté qu'il me reste.

Tout ça pour dire que j'ai compris quelque chose d'essentiel aujourd'hui, en allant me faire couper les cheveux, tradition camillienne en cas de chagrin d'amour.
Je ne me tuerai plus à me faire aimer par tous les moyens de gens dont je crois qu'ils voudraient que je sois mieux, alors qu'ils attendent que je sois quelqu'un d'autre.
Parce que ça, je ne peux pas l'être.

Par Camille G.
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Dimanche 19 avril 2009
Lu aujourd'hui :

"Une femme cadre sur cinq vit seule, et ce sont les femmes diplômées (voire très diplômées) qui se marient le moins. [...] Mais à l'inverse, les hommes à faible niveau scolaire sont proportionnellement très nombreux à rester "vieux garçons". La crise de la rencontre qui sera souvent évoquée dans ces pages, trouve dans cette inadéquation fondée sur le niveau d'études - donc sur le niveau social à maints égards - l'une de ses origines"

Pascal Lardellier, Le coeur net : célibat et amours sur le Web, Editions Belin, 2004

Je viens seulement de commencer cet ouvrage, emprunté à la fois par curiosité (aiguisée par le fait que nombre de mes proches fréquentent ou ont fréquenté des sites de rencontre) et parce que lire une étude sociologique sur l'influence du web sur les relations humaines ne peut que nourrir mes réflexions pour mon mémoire dont le sujet n'est pas si éloigné.

Et pourtant, dès les premières pages, il remue en moi une tempête d'idées dérangeantes.

D'abord en me rappelant une conversation avec des amis. Il semblerait que les statistiques démontrent ce qu'une de mes amies avait instinctivement senti, et que je me refusais naïvement à croire : oui, le niveau d'études est une barrière. A bien y réfléchir, j'en avais pourtant fait l'expérience moi-même : combien de fois n'ai-je pas senti une réticence de certaines personnes à poursuivre la conversation une fois que j'ai déclaré être à Sciences Po ? (et je ne vous parle même pas de la pratique de sports considérés comme typiquement masculins).

Cependant, à ce point de ma lecture, ce n'est pas (pas encore ?) un blocage conscient ou pas de la part des célibataires par rapport au niveau d'études qui justifie les faits rapportés. En réalité, il semblerait que la vie de couple, aujourd'hui, apparaisse comme difficilement conciliable avec des études. Là encore, voici des arguments qui résonnent familièrement...

Et puis, il y a cette insistance sur le fait que le célibat en soi est ressenti comme un fardeau en grande partie parce c'est ainsi que la société (enfin, les gens casés, évidemment) le fait sentir aux célibataires.

Le couple ne serait-il qu'une alternative à la solitude et à la réprobation ou pitié, aussi insupportables l'un que l'autre, qu'engendre le célibat, plutôt qu'une conséquence logique de l'amour ?

Pensez aux derniers films, aux grands romans qui vous ont ému, voire qui vous ont fait pleurer. Avez-vous pleuré pour la beauté du sacrifice de Cyrano, et pour les tendres descriptions que Roméo fait de sa bien-aimée ? Ou n'avez-vous fait que déplorer l'impossibilité d'un tel amour dans une réalité autre que purement artistique ?
Par Camille G.
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Mardi 10 février 2009

Un peu de douceur sous la tempête
Bienvenue sur Les Zillus de Missbean ! - 10-02-2009
Par Camille G.
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Mardi 3 février 2009
Le titre est une citation de ma voisine de table à midi, qui employait le terme à tour de bras alors que c'était à elle-même qu'il convenait le plus.

Savez-vous lecteurs, ce qu'est un marronnier en journalisme ? Un sujet rebattu, comme la rentrée scolaire, sur lequel vous lisez chaque année les mêmes banalités dans tous les journaux, mais qu'il est pourtant impensable de ne pas traiter.

Et bien, je m'apprête à traiter d'un marronnier : la Saint Valentin, fête ringarde et commerciale, ou occasion supplémentaire de passer du temps à deux ?



J'aurais tendance à penser que toute occasion est bonne à prendre. On me répondra (d'ailleurs ON m'a déjà répondu) que lorsqu'on aime quelqu'un, on n'a pas besoin d'un jour particulier pour le prouver. Je vous préviens : pareille déclaration donne lieu à la légitime attente de voir fleurir des preuves sans occasion particulière.

D'ailleurs il n'est pas simplement question de preuve, mais simplement de temps passé ensemble. En quoi cela implique forcément une quelconque dépense ?
Attention, amis défenseurs de la Saint Valentin, comme la déclaration précédente, celle-ci a ses conséquences : elle implique que vous saurez vous satisfaire d'une soirée, voire d'une journée à deux sans cadeau ni restaurant hors de prix.

Je crois qu'on a parfois besoin de temps passé non seulement ensemble, mais en tête-à-tête. Mettre de côté la famille, le boulot, les potes, au moins une fois dans l'année, pour ne penser qu'à sa moitié. C'est peut-être du sirop de guimauve, ce que je vous dis là, mais je crois sérieusement qu'un couple ne peut pas tenir s'il passe systématiquement après la multitude de choses qu'on doit ou qu'on préfère faire.


Quant aux célibataires qui rechigneraient à célébrer une fête qui ne les concerne pas, détrompez-vous ! L'ami Wikipedia nous apprend que les lupercales, fête romaine qui serait à l'origine de la Saint Valentin, était essentiellement destinée à former des couples !

Et comme cela tombe un samedi, vous n'avez plus d'excuse pour ne pas fêter la Saint Valentin !
Par Camille G.
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Mercredi 29 octobre 2008
Averse averse averse averse averse averse
Pluie ô pluie pluie ô! Ô pluie ô pluie ô pluie!
Gouttes d'eau gouttes d'eau gouttes d'eau gouttes d'eau
Parapluie ô parapluie ô paraverse ô!
Paragouttes d'eau paragouttes d'eau de pluie
Capuchons pèlerines et imperméables
Que la pluie est humide et que l'eau mouille et mouille!
Mouille l'eau mouille l'eau mouille l'eau mouille l'eau
Et c'est agréable agréable agréable
D'avoir les pieds mouillés et les cheveux humides
Tout humides d'averses et de pluie et de gouttes
D'eau de pluie et d'averse sans un paragoutte
Pour proteger les pieds et les cheveux mouillés
Qui ne vont plus friser qui ne vont plus friser
A cause de l'averse à cause de la pluie
A cause de l'averse et des gouttes de pluie
Des gouttes d'eau de pluie et des gouttes d'averse
Cheveux désarçonnés cheveux sans parapluie

Raymond QUENEAU, Les Ziaux, « Il pleut »

En ces temps humides et gris, je m'en vais de ce pas vous faire aimer la pluie.

- En économie Camillienne où l'unité monnétaire de base est le CD, il est plus rentable d'investir dans un bon parapluie à 20€ que dans 5 parapluies à 5€ chacun qui ne passeront pas la semaine. On est prié de choisir un modèle coloré et foisonnant de motifs jovials - le ciel est assez terne à lui tout seul.



Le mien est un modèle du genre, d'un petit format pratique à glisser dans son sac, rose et orange parsemé de feuilles blanches, et a résisté à un hiver à Londres et aux bourrasques mêlées de vent et de pluie sur le pont St Pierre, battant les records de survie de ses prédécesseurs. Parapluie, je t'aime.



- Ensuite, traverser la ville chaudement emmitouflé en évitant prudemment, spécialement si vous êtes une fille en ravissantes chaussures à talons, les plaques d'égout glissantes et toute autre structure métallique.

- Evidemment, et comme en toutes circonstances, ne pas s'aventurer au dehors sans playlist adaptée. C'est bien parce que c'est vous, je vous prête la mienne.



Facultatif : se prendre pour Gene Kelly.



- Se réfugier dans un salon de thé cosy en compagnie d'un ami que vous ne voyez pas assez souvent à votre goût. Papoter au dessus d'une boisson fumante. Eventuellement céder à l'appel d'une appétissante pâtisserie. Dire "miam".

- Rentrer chez soi. Allumer des bougies parfumées. Se blottir dans son canapé avec un plaid et une tasse toute chaude entre les mains. Ecouter le bruit de la pluie et savourer le plaisir d'être au chaud, à l'intérieur.

Aimer la pluie.
Par Camille G.
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