J'aime les blogs de fille.
Même que des fois,
ça me démange de filliser le mien.
D'ailleurs, le dernier design en date était pour moi d'une audace folle.
Diantre, sacrebleu, que vois-je ?
Mais c'est du vieux rose !
Oh mon Dieu,
mais il y a des ongles vernis sur cet I-Pod délicieusement rétro ?
Je n'ai pourtant pas changé mon contenu pour autant. Je ne sais pas, peut-être que j'ai peur de vous perdre et, inversement, de ne pas gagner le public qui s'intéresserait à
mon avis sur le
dernier mascara de Chanel (mais cela dit, si vous insistez, hein, je vous le donne, moi !).
Ce qui serait fort vil, comme considérations, car chacun sait que
le mépris des stats est au bloggeur ce que l'amour courtois est au chevalier. Donc on va dire que ce qui me retient de vous
parler de cette robe adorable en promo rue Alsace ou de
ma centaine de cosmétiques qui ne demandent qu'à se multiplier, c'est ce même souci qui m'empêche de passer au tutoiement avec vous.
Cette impression étrange que je ne pourrais pas revenir en arrière, et que ce serait terrible. Une sorte de trahison.
TATATAAAAAM.
Quand toutes les gamines avaient une Spice Girl préférée, moi je montais les parodies des chorégraphies qu'elles élaboraient avec le plus grand sérieux dans la cour de récré. Sûrement par réaction
: somme toute, peut-être que j'aurais aimé pouvoir
faire comme tout le monde. C'est un
cercle vicieux : plus vous prenez votre parti de ne pas pouvoir "faire comme tout le monde", et
jouez le jeu, moins vous êtes socialement admis dans le groupe-qui-fait-comme-tout-le-monde. Et comme vous vous sentez à part, vous vous confortez dans l'attitude que le groupe attend de vous :
vous comporter différemment.
Ce à quoi il faut ajouter une
mauvaise interprétation du féminisme, selon laquelle être coquette et aimer les futilités s'oppose fondamentalement à la libération de la femme et vous expose
au risque d'être prise pour une idiote.
Alors j'ai mis un moment à m'autoriser d'être féminine. Parce que je n'avais pas compris qu'être féminine, ce n'était pas forcément être bêtement comme les autres, dans le sens négatif du
terme.
On peut aimer faire du shopping, sans être prête à porter n'importe quel bout de tissu qui ne vous sied guère sous prétexte que c'est la mode.
On peut
étudier la médecine, avoir une solide culture et aimer parler de produits de beauté.
Je ne vois donc pas pourquoi MOI, je n'aurais pas AUSSI mes icônes.
Comme d'autres adulent
Marilyn, Ditta von Tease, Reese Witherspoon, Grace Kelly, Kirsten Dunst, ou
Vivien Leigh.
Mais à ma manière.
De la frisée comme s'il en pleuvait !
Greta Garbo est Camille dans le film éponyme de George Cukor